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Aurianlinkgreen Got Bad Taste--- (((▼)))
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samedi 8 mai 2010

Kiril Ukolov

Globalement le travail d'installation de Kiril Ukolov ne m'emballe pas, mais ses sculptures en feuilles de plastiques grises thermo-collées font preuve d'une réelle confrontation au matériau et réussissent à capturer l'esprit de notre époque. C'est toute la beauté du monde en train de se détruire qui est capturer, une sorte de corail fait de déchets industriels semble s'être développée autour d'un être anthropomorphe. On est face au reste de la mue de l'homme nouveau.

A. L.

Agathe David

Le travail d’Agathe David n’a rien d’évident. Il m’est difficile d’en parler tant la matière de ses dessins est ténue. Le graphite semble comme en suspension à quelques microns de la surface du papier.
Ce qui s’offre en premier à l’œil c’est la forme globale, des créatures oiseaux aux ailes déployées, tendues comme une toile d’araignée de manière à attraper le regard. Une fois pris au piège, on se perd volontiers dans les méandres des plumages, jusqu’à en oublier l’origine. Le chemin que nous fait faire Agathe David est à l’exact inverse de celui de son processus de création. En effet, les crayons semblent avoir parcourus la feuille se répandant en courants pour finalement générer ces créatures ailées. Mais nous spectateurs, nous régressons de la forme à l’informe. Comme dans les visions générées par l’ayahuasca, nous sommes pris dans un spirale descendante qui nous ramène à un imaginaire d’où notre propre totem pourrait sortir.

Agathe David expose au Salon de Montrouge jusqu'au deux juin.

A. L.

jeudi 6 mai 2010

Julien Salaud




En faisant une première fois le tour du Salon d'art contemporain de Montrouge, le travail de Julien Salaud m'a immédiatement arrêté. La séduction esthétique est absolument évidente, on passe très facilement, grâce au réseaux de fils qu'il tend entre ses différents travaux, de ses taxidermies constellées à ses dessins hypnotiques eux mêmes fait de réseaux. Son travail pénètre de manière immédiate et puissante l'imaginaire, et nous promène à la surface des fourrures comme un chaman nous ferait rentrer en transe.
Une fois le premier choc passé c'est une lecture au travers du livre de Giono, Un Roi sans divertissement qui s'est imposée à moi. C'est toute la sauvagerie qui est doublement fixée dans son travail. A la fois par la taxidermie (fixed en anglais) et par les clous qu'il plante dans ses animaux mais qui pourtant ne font pas couler de sang, comme si la nature était muette. Ce n'est qu'une fois que tout les fils sont tendus entre les clou, créant un réseau serré et labyrinthique, que le travail de Julien Salaud prend sa vrai dimension. De même que le héros de Giono Langlois, trouve la solution à son désir de faire couler le sang dans la projection de son crâne a la taille de l'univers, Julien Salaud fait de ses animaux sauvages des Constellations, leurs donnant ainsi une dimension cosmique. Mais il faut accepter de s'y perdre pour y entrer.

Julien Salaud est lauréat 2010 du Salon de Montrouge.



Adrian Loosveld