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Aurianlinkgreen Got Bad Taste--- (((▼)))
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mercredi 2 juin 2010

Agathe David, L'oiseau bleu

Lèvres rouge sang, sourire énigmatique, voix diaphane, aussi légère que l'est son trait. Décrire Agathe David ou décrire son travail revient au même, si bien qu'au moment où je l'ai aperçue je savais de qui il s'agissait.

Voluptueux, chaud, enivrant, doux comme une pluie d'été... voilà les premiers mots qui viennent à l'esprit quand on effleure du regard les oiseaux chamarrés qui se partagent son mur au salon d'art contemporain de Montrouge. Sur fond blanc, dessinés patiemment s'étalent des formes arrondies, principalement grises, où chaque couleur traverse le tout, chaque nuance forme un arc en ciel, chaque plume est une œuvre à contempler des heures durant. Cette dominance du gris du crayon est un lit merveilleux ou se couchent les couleurs, un écrin contenant des diamants, qui permet de littéralement faire exploser chaque teinte verdoyante.

Les volutes de fumées qui se succèdent et se superposent deviennent, à mesure que l'on s'approche, de plus en plus hypnotiques. Lentement, le changement d'échelle laisse apparaitre la profusion de détails et la précision du trait. L'ensemble n'était donc qu'une illusion formée de millions de travaux minuscules? Ils arrêtent tous l'œil. Ce dédale sans fin nous entraine au fond de notre âme et nous laisse spectateurs de notre incapacité à s'éloigner de ce chant de sirène que les oiseaux pousseraient certainement si leurs yeux étaient finis...

C'est un arrachement que de s'éloigner, il faut quelqu'un pour nous pousser à partir. Une fois vus les oiseaux de paradis d'Agathe David, les plus beaux aras n'ont plus le même éclat. Dommage pour eux, tant mieux pour les spectateurs dont la rétine s'est gavée jusqu'à l'aveuglement.

Phanuel

samedi 8 mai 2010

Agathe David

Le travail d’Agathe David n’a rien d’évident. Il m’est difficile d’en parler tant la matière de ses dessins est ténue. Le graphite semble comme en suspension à quelques microns de la surface du papier.
Ce qui s’offre en premier à l’œil c’est la forme globale, des créatures oiseaux aux ailes déployées, tendues comme une toile d’araignée de manière à attraper le regard. Une fois pris au piège, on se perd volontiers dans les méandres des plumages, jusqu’à en oublier l’origine. Le chemin que nous fait faire Agathe David est à l’exact inverse de celui de son processus de création. En effet, les crayons semblent avoir parcourus la feuille se répandant en courants pour finalement générer ces créatures ailées. Mais nous spectateurs, nous régressons de la forme à l’informe. Comme dans les visions générées par l’ayahuasca, nous sommes pris dans un spirale descendante qui nous ramène à un imaginaire d’où notre propre totem pourrait sortir.

Agathe David expose au Salon de Montrouge jusqu'au deux juin.

A. L.